La Sophrologie


La sophrologie est une approche de développement personnel1,2 qui s’intéresse à l’étude de la conscience individuelle dans une démarche phénoménologique et qui vise à tenir compte de l’histoire de chacun3. Cette méthode est parfois comparée à l’hypnose4 ou qualifiée de psychothérapie5,6,7,8, de méthode de relaxation5,9,10,11,12, voire de médecine alternative13. De multiples écoles et pratiques sont apparues depuis la fondation en 1960 de la sophrologie par Alfonso Caycedo. Seule l’appellation « sophrologie caycédienne » reste liée au fondateur de cette pratique.

Selon le mensuel Psychologies : « Inspirée de l’hypnose et de disciplines orientales telles que le yoga ou le zen, la sophrologie est une méthode de relaxation (…) dynamique qui a pour objectif de transformer nos angoisses ou phobies en pensées positives. Cette pratique psychocorporelle s’appuie essentiellement sur la détente physique, obtenue grâce à des exercices de respiration, et la visualisation d’images apaisantes. » La discipline peut également « se travailler sur le long terme » et amener « le patient à privilégier l’instrument de la parole »14.

« En France, la sophrologie a pénétré le secteur de la santé, notamment le domaine des pathologies chroniques. Ainsi, il n’est pas rare que des patients atteints de cancers se voient proposer, pendant ou après des traitements de chimio- ou radiothérapie, la pratique de la sophrologie comme « soin de support ». Cette offre provient le plus souvent du secteur associatif d’aide aux malades, mais parfois aussi des institutions médicales », d’après le Centre d’information et de prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes4. Elle est également utilisée dans le sport et le monde de l’entreprise4.

Toutefois, sans efficacité thérapeutique prouvée, la sophrologie n’est pas « une activité thérapeutique à promouvoir » pour les autorités médicales en France et a une « quasi-absence de crédibilité [auprès de] la communauté médicale » en 2013, toujours d’après le CIPPAD4. Elle est donc considérée comme une pseudo-science15.

Histoire

Le mot sophrologie vient du grec ancien σῶς / sôs (« bien portant »), φρήν / phrến (« conscience ») et -λογία / -logía (« étude »).

La sophrologie a été créée en 1960 par Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre colombien ayant étudié l’hypnose, après un voyage en Inde avec sa femme adepte du yoga4. Il l’a ensuite renommée en sophrologie caycédienne pour se distinguer d’autres courants de la même méthode apparus par la suite.

Divers courants

Le mot « sophrologie » n’a jamais été protégé dans son usage public16 et diverses écoles de formation à la sophrologie se sont ouvertes, variant le contenu des apprentissages, sans l’accord de Caycedo. Ce dernier a alors trouvé une nouvelle appellation, « sophrologie caycédienne », cette fois déposée à La Haye17 breveté à l’OMPI (organisme de protection mondiale des propriétés intellectuelles et droits d’auteur)

Ainsi s’est constitué au fil du temps des mouvements multiples présentant des similitudes et divergences selon la volonté de l’organisme (écoles, syndicats, observatoires, instituts de formations, cabinets de sophrologues…) au vocable proche mais aux pratiques plus ou moins éloignées des fondements et de celles de Caycedo18.

La sophrologie caycédienne

Article détaillé : Sophrologie caycédienne.

La sophrologie caycédienne (d’abord créée sous l’appellation de « sophrologie » par Alfonso Caycedo en 1960, le qualificatif « caycédienne » a été ajouté et labellisé en 1989) est présentée entre autres comme méthode de développement personnel et de gestion du stress par son créateur lors de sa déclaration à Récife en 197719.

Critiques

Le ministère de la Santé en France a publié au Journal officiel du 21 septembre 2004 sa position sur cette méthode20 :

« La sophrologie n’est pas une discipline définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique. »

Selon Léon Chertok, la sophrologie ne serait que de l’hypnose, rebaptisée parce qu’il y aurait un tabou autour de ce terme21. Une étude systématique publiée par Renaud Marhic et Emmanuel Besnier aboutit à la même conclusion22.

Le Centre d’information et de prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes a mené une étude systématique de la littérature scientifique portant sur la sophrologie, qui a mis en évidence la pauvreté des études cliniques sur le sujet, et l’absence d’effet positif avéré4. Les recherches sur la sophrologie sont principalement le fruit de praticiens désirant promouvoir leur discipline par des études non-scientifiques, publiées généralement en marge des canaux scientifiques, mais régulièrement brandies comme arguments par les sophrologues. Cette étude a aussi mis en évidence le fait que la sophrologie est aujourd’hui une tradition principalement française, quasiment inexistante dans les autres pays (notamment du fait du français Patrick-André Chéné, héritier autoproclamé d’Alfonso Caycedo)4.

Entre 2005 et 2009, la sophrologie est régulièrement pointée du doigt par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)4.

Diplômes et praticiens

En Belgique, en 2010, la profession de sophrologue n’est ni protégée ni réglementée. Il existe toutefois des formations, délivrées par des écoles reconnues ou des associations privées, sanctionnées par une attestation de réussite, sans que celle-ci ait une valeur légale23.

En 2015, ce métier n’est pas réglementé et son exercice est libre en France (« accessible sans diplôme particulier » selon la fiche Rome K1103 de Pôle Emploi24). Un tel praticien ne peut légalement procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, un traitement médical ou la prescription de médicaments4.

Certaines formations de sophrologie bénéficient d’une inscription au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) de niveau III (nomenclature de 1969)25. Cette inscription permet de bénéficier d’une prise en charge au titre de la formation professionnelle et de la validation des acquis de l’expérience (VAE).